Une association s'engage contre le sepsis et en faveur des personnes touchées

La nouvelle association « Sepsis Schweiz » s'engage pour que le sepsis soit mieux connu, détecté plus tôt et mieux traité. Les personnes concernées souhaitent, par le biais de cette association, favoriser la mise en réseau et apporter une aide directe.

Texte : Peter Stücheli-Herlach | Photo : Gian-Andrea Lüthi | 10.09.2026
Anton Löffel, président, et Lilian Robert, vice-présidente de l'association « Le sepsis Suisse »

L’association est issue du groupe de personnes concernées et de leurs proches du Swiss Sepsis Program (SSP). Dans une vidéo réalisée à l’occasion de la Journée mondiale du sepsis 2026, les membres de l’association appellent à penser au sepsis en cas de situations critiques suite à une infection, afin de protéger et de sauver des vies. Le sepsis constitue un danger sous-estimé pour la santé, y compris en Suisse.

Des personnes touchées par le sepsis et leurs proches ont fondé à Berne l’association « Sepsis Schweiz ». Celle-ci est issue du groupe de personnes concernées et de proches qui accompagne et conseille le SSP. L’objectif de l’association est de sensibiliser le plus grand nombre de personnes possible aux dangers de cette maladie et de leur montrer comment reconnaître le sepsis à un stade précoce. L’association s’engage également en faveur d’une amélioration des traitements et du soutien apportés aux survivantes de sepsis. Dans un premier temps, elle souhaite offrir aux survivantes de sepsis et à leurs proches des possibilités d’échange, de conseil et de soutien mutuel, accessibles à tous.

Un danger sous-estimé

Le sepsis est une réaction excessive de l’organisme face à une infection. Il s’agit d’un danger sous-estimé pour la santé, y compris en Suisse. Chaque année, dans les hôpitaux suisses, 20 000 cas de sepsis ont été recensés. 4 000 personnes touchées en meurent. Ainsi, le nombre de cas de sepsis dans les seuls hôpitaux est du même ordre de grandeur que celui des infarctus du myocarde ou des accidents vasculaires cérébraux ; le nombre de décès est comparable à celui des cancers du sein, du côlon et de la prostate réunis.

Le sepsis constitue toujours une urgence

À l’occasion de la création de l’association, des membres apparaissent dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. À travers leur propre histoire, ils appellent chacun à prendre au sérieux le danger que représente le sepsis et, en cas de doute, à agir rapidement ( Voir la vidéo). « Un sepsis constitue toujours une urgence médicale », déclare Anton Löffel, président de l’association et lui-même concerné par cette maladie. « En cas de suspicion, il faut rapidement solliciter une aide médicale. Personne ne devrait en avoir honte, et toute réticence est déplacée. » Si une personne se sent plus malade et plus faible que jamais après une infection, il faut rapidement faire appel à une aide professionnelle. « Pense au sepsis. Sauve des vies », souligne-t-il. Toute personne qui, à la suite d’une infection, se sent inquiète face à certains symptômes peut désormais recourir au test de dépistage du sepsis du Swiss Sepsis Program (SSP) disponible sur Internet ( Documentation).

La vice-présidente de l’association, Lilian Robert, sait, pour l’avoir vécue, que la vie après un sepsis peut être difficile. « Le soulagement d’avoir survécu s’accompagne de très nombreuses difficultés et d’obstacles », explique-t-elle. Le sepsis peut entraîner des séquelles physiques et psychologiques, causer des lésions organiques irréversibles et nécessiter des amputations. « Ces séquelles ne font guère l’objet d’une attention particulière dans les traitements conventionnels ; de nombreuses personnes concernées doivent se débrouiller seules pour trouver de l’aide », ajoute-t-elle.

Voyage avec des prothèses de jambe, en direct sur Instagram

Roger van Klaveren est un autre membre du comité directeur de l’association. Suite à un sepsis, il a dû subir l’amputation de ses deux jambes. Équipé de ses deux prothèses, il a entrepris un périple de plus de 1 700 kilomètres, de Bâle à Grande Canarie. Il a parcouru le reste du trajet en train, en bus et en ferry. À l’occasion de la Journée mondiale du sepsis, il interviendra lors d’une diffusion publique en direct sur Instagram, une fois arrivé à destination sur cette île de l’Atlantique ( Compte Instagram du Swiss Sepsis Program, 13 septembre, 17 h 30).

La médecine aussi doit apprendre

« Nous saluons l’engagement sans faille des personnes concernées et de leurs proches pour que le sepsis soit mieux connu, dépisté plus tôt et mieux traité », déclare Luregn Schlapbach, médecin en soins intensifs et l’un des responsables du programme. « Les expériences vécues par les personnes concernées fournissent des enseignements importants sur les domaines dans lesquels la prise en charge du sepsis peut encore être améliorée. » Schlapbach et son équipe de l’hôpital universitaire pédiatrique de Zurich traitent régulièrement des enfants souffrant d’une défaillance organique grave due au sepsis. Le sepsis peut toucher tout le monde. Outre les nouveau-nés et les enfants, les personnes âgées de plus de 65 ans et celles dont le système immunitaire est affaibli sont également particulièrement exposées au risque de sepsis.

À l’occasion de la Journée mondiale contre le sepsis, le SSP organise diverses actions et soutient de nombreux événements (Journée mondiale contre le sepsis, le 13 septembre). La « Swiss Sepsis Declaration », qui appelle à une action commune contre le sepsis, a entre-temps été signée par plus de 200 personnes (Swiss Sepsis Declaration).

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